Journée nationale de la conscience noire: 20 novembre 2013

Le 20 novembre est la journée nationale de la conscience noire au Brésil.

En 2003 une loi a institué le 20 novembre, journée nationale de la conscience noire en la mémoire de Nganga-Zumbi, chef de l’armée des esclaves fugitifs au Brésil, mort le 20 novembre 1695, devenu héros national et icône de la communauté afro-brésilienne et de l’Amérique latine.

la stelle Nganga-Zumbi

….”Le calvaire des souffrances de l’esclavage au Brésil, avait engendré la fugue dans les montagnes, où ils formaient des communautés d’esclaves libres, appelées « les Quilombo ». C’est ainsi que l’historien américain Stuart B. Schwartz, (…)auteur de Slaves, Peasants and Rebels (1992), a étudié les populations des Quilombo au Brésil et les a qualifiées de Ambundu et de Kongo, car selon lui, Quilombo au royaume Kongo était un camp d’initiation. Et le Quilombo de Palmarès, situé dans l’actuel État Goiàs, au nord du Brésil, est le plus célèbre des Quilombo. C’est là qu’est né Nganga-Zumbi en 1655, qui deviendra le chef et commandant de l’armée des esclaves fugitifs.” ….

conciencia negra

Le 20 novembre de chaque année, les Brésiliens célèbrent la journée nationale de la conscience noire en la mémoire de Nganga-Zumbi, leader du mouvement de libération et de la résistance des Noirs du Brésil. En rapport avec la célébration de cette journée, le Congolais Arsène Francoeur Nganga, chercheur en histoire et anthropologie socio-culturelle des peuples noirs des Amériques, en sa qualité de spécialiste des peuples noirs des Amériques, a expliqué aux Dépêches de Brazzaville, le parcours de ce héros afro-brésilien. Pour Arsène Francoeur Nganga, c’est depuis la rédaction de l’histoire générale de l’Afrique par l’Unesco, (cf l’ouvrage General History of Africa, Tome V, James Currey, California, Unesco, édition, P289), qu’il est établi que le Brésil a été majoritairement peuplé par les navires qui ont embarqué depuis Benguela et Luanda, et que l’Angola a été économiquement dépendant du commerce négrier avec le Brésil durant toute la traite négrière, faisant de Rio de Janeiro le plus grand port négrier de la planète. C’est d’ailleurs ce qu’atteste l’historien Joseph C. Miller, dans Way of death : Merchant capitalism and the Angolan slave trade (P450-459), quand il dit qua le majorité des esclaves arrivés par le port de Rio de Janeiro, furent des Kongos et des Mabudus. Certains de ces Bantus de l’Afrique centrale étaient arrivés par le port de Salvador de Bahia (capitale du Brésil avant 1763). À ce propos, rappelons que le président de l’association des Bantu de la province de Bahia a déclaré tout récemment aux Dépêches de Brazzaville (n°1823 du 13 septembre 2013 à la page 11), que la majorité des esclaves de Bahia étaient d’origine bantu. On retrouve également les traces de leur présence, le long de Guanabara bay, Sao Paulo, Mina Gérais, Sao Jose de Tacantins et à Carmo, près de Natividade. Le calvaire des souffrances de l’esclavage au Brésil, avait engendré la fugue dans les montagnes, où ils formaient des communautés d’esclaves libres, appelées « les Quilombo ».

C’est ainsi que l’historien américain Stuart B. Schwartz, docteur en histoire de l’université Columbia de New York, professeur, titulaire à l’université de Yale, lauréat du premier prix international cundil en histoire de l’université MAC Gill de Montréal, « le plus grand prix attribué à des ouvrages didactiques sur un sujet » et médaillé de l’ordre de lka croix du Sud, la plus grande distinction étrangère décernée par le Brésil, auteur de Slaves, Peasants and Rebels (1992), a étudié les populations des Quilombo au Brésil et les a qualifiées de Ambundu et de Kongo, car selon lui, Quilombo au royaume Kongo était un camp d’initiation. Et le Quilombo de Palmarès, situé dans l’actuel État Goiàs, au nord du Brésil, est le plus célèbre des Quilombo. C’est là qu’est né Nganga-Zumbi en 1655, qui deviendra le chef et commandant de l’armée des esclaves fugitifs. En 1678, Zumbi inflige 25 défaites aux troupes hollandaise et portugaise. À la suite d’une extraordinaire résistance, il, invitait ses compagnons à mourir pour la liberté.

En 1692, le gouverneur portugais Antonio Vieira, écrit au roi du Portugal, insinuant qu’il n’y avait aucune possibilité de négocier avec le Quilombo de Palmarès, sinon que de le détruire. Le Portugal avait réuni la plus forte armée de son histoire coloniale ; les nègres s’étaient affrontés avec les Portugais pendant deux ans, affrontement soldé par l’échec du Portugal. La capture de Nganga-Zumbi C’est en 1694, que le Portugal a décidé d’en finir avec le Quilombo de Palmarès, en tuant Zumbi. Pour y parvenir, le Portugal nomme Domingo Jorge Velho, administrateur de la Colonie, avec une armée de 2.000 hommes et une artillerie lourde, qui mène la chasse à Nganga-Zumbi, qui finit par être capturé après vingt-deux jours, suite à la trahison d’un de ses anciens collègues.

Il est décapité le 20 novembre 1695 et sa tête est emportée dans la ville de Récife ou elle sera exposée sur la place publique. Ainsi donc, le 20 novembre au Brésil, est le jour de dénonciation, protestation et résistance des Afro-Brésiliens, une population esclave pendant la colonisation et peuple rejeté pendant la République. À cette date, ils protestent contre la démocratie radicale.

Une statue de Zumbi a été érigée à Recife, au nord-est du Brésil ; l’aéroport de cette ville porte également le nom de Nganga-Zumbi, depuis 1986. La communauté noire du Brésil revendique la terre du Quilombo de Palmarès. À signaler, le film « Quilombo » du réalisateur brésilien Carlos Diegues, dépeint la résistance de Palmarès.

Bruno Okokana

Légendes et crédits photo : La stèle de Nganga-Zumbi

Reference: http://www.adiac-congo.com/content/commemoration-la-journee-nationale-en-memoire-de-nganga-zumbi-un-esclave-bantu-dafrique

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