Les dieux et les druides

 

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“Ce sont, avec des noms différents, les mêmes divinités que celles que César attribue aux Gaulois du Ier siècle avant notre ère dans sa description de la Guerre des Gaules, VI, 16. On sait que le proconsul circonscrit plus qu’il ne décrit brièvement les dieux celtiques par des noms romains que seuls ses lecteurs pouvaient comprendre. Il définit ainsi les fonctions théologiques gauloises :

Mercure, dieu suprême en même temps que dieu des commerçants et des voyageurs ;

Jupiter, dieu des êtres célestes et maître du ciel (et des éléments) ;

Mars, dieu de la guerre, à qui on sacrifie les tas du butin ; 

Apollon, qui guérit toutes les maladies ;

Minerve, initiatrice des arts et des techniques. Il est caractéristique de l’archaïsme celtique insulaire que, quinze siècles plus tard, dans le manuscrit relatant l’un des récits mythologiques fondamentaux de l’Irlande préchrétienne, on retrouve le même schéma d’un “état-major” des cinq dieux principaux : 

     . Lug Mercure, dieu suprême qui transcende toutes les divinités ; les Irlandais le disent samildanach ou “polytechnicien” parce qu’il sait faire ce que fait chacun des autres dieux ;     

     . Dagda- Jupiter, dieu du ciel et des éléments, dieu-druide, maître de l’éternité, du temps et des éléments ; dieu de la sagesse et du savoir, dieu des druides et dieu-druide ;

     . Ogme – Mars, dieu de la guerre, de la magie et de la science, de l’éloquence et de l’écriture ; mais l’aspect régulateur de la guerre et de la royauté est représenté par Nuada, le roi des dieux de l’Irlande ou Tuatha Dé Danann (“les gens de la déesse Dana”) ;

     . Diancecht Apollon, dieu de la médecine. Mais l’aspect d’Apollon dans son rôle de dieu de la jeunesse est représenté par Oengus, fils du Dagda et de la Boand (“Boyne”, nom d’un fleuve d’Irlande) ;

     . BridgidMinerve, unique divinité féminine, suivant la définition irlandaise, mère des dieux, des forgerons et des médecins. Elle porte, selon le cas, des noms différents, suivant le dieu dont elle est la parèdre, ou la “shakti” selon le terme indien : Boand, épouse d’Ogme ou du Dagda, Etain, reine de l’Irlande, épouse du roi Eochu sur terre, et reine de l’Autre Monde, épouse du dieu Midir.”

Christian J.Guyonvarc’h – François Le Roux (Les Druides et le Druidisme)

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