L’impossibilité d’une survivance du druidisme

Le celtique de l’Antiquité ou gaulois était une langue sacrée au même titre que le sanskrit, le tibétain, l’hébreu ou l’arabe. Mais cette langue a disparu à la fin de l’Antiquité, au plus tard vers la fin du VIè siècle, sans rien laisser de ses textes sacrés. 

Même en supposant que les derniers druides gaulois aient trouvé refuge dans les îles britanniques, la conversion de la Gaule au christianisme a achevé la romanisation et les grandes invasions de la fin de l’Empire romain ont fait disparaître tout ce qui subsistait encore de celticité continentale. D’autre part, les documents irlandais les plus anciens (VIIè siècle) sont tous l’expression d’un christianisme hors de tout soupçon. 

La Bretagne insulaire a été christianisée de bonne heure elle aussi et, vers le tournant du Vè siècle, il n’a pu subsister aucun druidisme de langue brittonique, breton ou gallois. Le seul territoire non christianisé de l’Europe occidentale était l’Irlande. Or, dès l’arrivée de saint Patrick dans le premier tiers du Vè siècle, la conversion s’est faite très rapidement sous l’impulsion de saint Patrick et le premier personnel sacerdotal chrétien s’est recruté dans la classe des druides et des “filid” ou “poètes” traditionnels de l‘Irlande. Dès le Vè siècle, la seule langue liturgique de tous les Celtes était le latin, l’irlandais n’étant plus qu’une langue savante, le gallois une langue littéraire et le breton une langue populaire dont toute la littérature, jusqu’au XIXè siècle, est cléricale. Aucune filiation ou initiation druidique n’a pu être transmise depuis cette époque pour deux raisons :

– La Langue sacrée étant définitivement perdue, toute la doctrine, tous les rituels se sont perdus avec elle. En outre, l’initiation chrétienne efface automatiquement toutes les précédentes; 

– Or, un druide authentique serait tenu de connaître la langue sacrée, comme un brahmane doit savoir le sanskrit et un prêtre le latin qui est la langue de l’Eglise. L’impossibilité absolue de remplir cette condition suffit à condamner toute prétention à faire renaître un “druidisme” contemporain. 

En outre, un druide ne peut valablement exercer ses fonctions que dans le cadre politique d’une royauté celtique, condition qui, depuis de longs siècles, est bien impossible à remplir. 

 

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Le tumulus de New Grange ou Brug na Boinne,  “l’auberge de la Boyne”, résidence du dieu-druide

 

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Entrée de la tombe néolithique de New Grange en Irlande qui est plus ancienne que Stonehenge et que la Grande Pyramide de Giza en Egypte. 

 

Les Druides et le Druidisme – F. Le Roux – C.J. Guyonvarc’h

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