Néodruidisme : Une tradition renouvelée

Qu’est-ce-que le druidisme aujourd’hui ? 

J’emploierai plutôt le terme de néodruidisme. Entre le druidisme de la civilisation celtique et le néodruidisme, la filiation a été rompue. Pour reprendre l’analyse de Christian Guyonvarc’h, le grand celtisant, on ne peut parler que de néodruidisme, puisqu’il n’y a plus de langue sacrée et que nous n’évoluons plus dans la société celtique antique, traditionnelle, dans laquelle le druide était le premier personnage.

Le monde celtique relevait de la vision du monde indo-européenne. Or, nous n’avons même plus les repères des cultures indo-européennes où la société, dite trifonctionnelle, s’organisait en trois domaines. Ils étaient en ordre décroissant, l’expression du sacré et de la souveraineté, magique et juridique ; la force physique et la vaillance ; la fécondité et la prospérité. Hors des piliers de la société celtique, il reste néanmoins le droit de recréer une tradition, de se sentir porteur d’une spiritualité ancienne et de vouloir la manifester.

 

Quels éléments ont survécu dans ce désir de recréer une tradition ? 

Nous pouvons retrouver des fragments de cette ancienne culture. D’abord, dans les récits de l’Antiquité et grâce à l’archéologie qui nous livre de plus en plus d’indices.

Nous avons le recours aux textes mythologiques irlandais, aux textes gallois, aux romans médiévaux. On y retrouve des symboles, des modèles, des rituels. Même le chritianisme a conservé de fragments de la spiritualité celtique : en Irlande, les derniers druides sont devenus les premiers évêques. Les vies des saints celtes, les lieux sacrés, fontaines, arbres, les décors des églises et des cathédrales renferment des éléments de notre filiation. Ajoutons, bien sûr, ce que nous offrent le folklore et les traditions populaires. Le néodruidisme croise ses sources et reconstitue un ensemble cohérent.

Il recourt aussi, dans les rituels, à des éléments empruntés à des spiritualités proches. Il puise, par exemple, dans l’hindouisme. Certains druides d’aujourd’hui vont en Inde et sont en contact régulier avec des brahmanes. Ils suivent la voie initiée par René Guénon”.

Extraits de l’interview de Thierry Jigourel – Bretagne Magazine – Spécial Celtes

 

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Fontaine de Saint Cado avec croix celtique (Saint Cado est un moine venu du Pays de Galles au VIème siècle). L’eau de la fontaine aurait des pouvoirs contre les rhumatismes, les maladies cutanées et la surdité. 

“Maîtres de l’eau, comme du feu, les druides prononçaient des paroles magiques qui rendaient l’eau des fontaines capables de guérir les maladies, de féconder ou de prévoir. Elles avaient des propriétés thérapeutiques. Le clergé chrétien, pour faire oublier cette origine, donna aux fontaines des protecteurs, saints vénérés dans la chrétienté toute entière, ou bien moines et saints hommes venus au VIe et au VIle siècles, avec leurs paroisses, du pays de Galles, de Cornouailles et d’Irlande, fuyant l’envahisseur saxon”. Extrait du livre : Le Chemin des Fontaines bretonnes Roger LE DEUNFF

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