La Reconnaissance

Abandonné par qui ?

Vous vous sentez abandonné, délaissé, seul, quitté, séparé, “sacrifié”…, incompris, victime des autres…: c’est le témoignage immédiat de votre vécu, de ce que vous ressentez face à la vie et aux autres êtres humains ! Votre point de vue est respectable, vrai à l’instant où il est pensé, mais il englobe une réalité plus vaste que le positionnement “Moi en chagrin avec les autres“.

Souvenez-vous que la victime s’identifie facilement à son passé en s’appuyant sur un futur qu’elle pense déjà écrit, elle ne retrouve pas les valeurs de la vie ou des autres. L’instant quotidien à vivre est angoissant  et ses pensées tournent en rond comme dans un manège où les autres sont des problèmes…



Comment s’en sortir

Observer et dire ce qui va bien, dire ses besoins de tendresse et d’affection plutôt que de se plaindre pour obtenir l’attention. Faire du sport par tous les temps, pratiquer les remerciements pour le corps qui se déplace, les fleurs, les arbres, la nature, le toit au-dessus de nos têtes, la maison chauffée en plein hiver, la nourriture, etc.

Stop ! Arrêtons de dévaloriser la vie, donnons de la valeur au présent terrestre.  Une récompense et un lien plus global vous habite avec l’essence et la légende de la vie. Tout n’est pas que religion ou pathologie.


Voyons un point de vue plus holistique. Donnons la parole à ce jeune “métapoète” :

“Juste avant de me réveiller…je fais un rêve étrange dans lequel apparaît cette phrase  :  “Je suis l’évolution créatrice, ici, pendant et maintenant”…! Je suis vacuité dans un voyage interstellaire. Soudain, je vois des milliers d’étoiles naître, se transformer, grandir, vieillir et mourir. Elles meurent en feu d’artifice offrant leur vie, leur lumière et leur énergie à l’étoile suivante jusqu’à la création de la terre

Au coeur de ces étoiles, oeuvre un artiste forgeron, il les sculpte ainsi que les galaxies, les univers, la terre…!!! Inouïe et sublime stupéfaction…je vois la fabrication de la vie, j’en fais partie. Un sentiment d’amour cosmique m’englobe, je m’agenouille. Même si, à cet instant, la terre est encore aride et déserte, au coeur de sa propre matière, soudain je vois un point briller, il est sans limite, on ne peut faire plus petit ni plus grand…sa pureté est infinie, les diamants du monde ne sont que de pâles imitations. Ce point s’anime, ondule, vibre, chante, et danse de son centre à la périphérie, tout est en lui, se forgeant lui-même, se transformant lui-même à l’infini, sans bouger de place.

Tout en rêvant, je me dis…Oh ! Quel rêve, il semble si vrai ! et la métamorphose continue, je vois ce point inventer l’espace, le temps, l’ellipse de la vie et tous les mondes ! Je vois la première vie, la première plante, le premier animal, le premier humain ! Quelle joie illimitée d’être relié à toute chose visible et invisible...Personne n’est isolé ou abandonné.

Au réveil, un sentiment d’incroyable sérénité me caresse et m’enveloppe. Tout Est. Je suis tout cela simultanément et chacun à son réveil ressuscite et passe par ce passage miraculeux de la renaissance sans le ressentir, sans en être conscient, l’oubli de soi est devenu normal, humain

Mon côté rationaliste en prend un coup ! Alors, je vérifie…Qui est en moi ? Mon père, ma mère, mes grands parents, l’ADN du premier humain mais aussi l’ADN des animaux, des plantes, des minéraux. Les scientifiques et la mécanique quantique prouvent les atomes et les particules élémentaires, ils nous disent que lorsque l’on boit un verre d’eau, c’est l’hydrogène fabriqué dans les premières étoiles que nous buvons…Hubert Reeves a écrit que nous sommes des poussières d’étoiles…Et si cela était vrai que personne n’est abandonné ni isolé ? “

David Ciussi


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La Victime

Où que nous allions, nous ne voyageons que pour notre propre découverte. Laissons tomber le scénario de victime par David Ciussi.

Si nous observons bien nos conversations quotidiennes, nous pouvons voir que nous passons beaucoup de temps à jouer à la victime, à nous plaindre. Ce fonctionnement nous paraît naturel. On peut même se demander de quoi nous parlerions  tout au long des journées si nous n’avions pas nos scénarios de victime ?

Devenir victime est un rôle dans lequel nous pouvons tous nous reconnaître car nous y jouons tous. C’est très simple, nous rencontrons une personne ou une situation qui ne correspond pas à nos attentes, les choses ne se déroulent pas comme nous l’espérions, cela nous contrarie et nous en devenons victime.


La victime occulte le réel

La victime a ce trait particulier : Pour exister, elle a énormément besoin de parler d’elle,  de sa “victimite” car elle ressasse à l’intérieur d‘elle-même.  Elle cherche les gens avec qui parler toujours des mêmes problèmes pour être reconnue dans sa difficulté.

Mais elle a une petite astuce ; si elle ne trouve pas un auditoire suffisant pour l’écouter, elle va continuer le même dialogue mais à l’intérieur de sa tête ! Elle vit dans son mental et non pas dans le monde de l’expérience. Pour elle, ce qui est important, c’est ce qu’elle pense. Elle va avoir, en boucle, un dialogue à l’intérieur de son esprit, elle n’a alors même plus besoin des autres pour souffrir.

Elle est seule, aucun danger ne la menace et pourtant, pour elle, le danger est là, avec pour preuve son angoisse. Elle occulte le réel au profit d’un système mécanique de pensée de victime et elle trouve cela normal. Toute seule, la victime se crée une espèce de performance mentale et intellectuelle, elle fabrique un mécanisme d’identification et devient alors ce à quoi elle pense d’une façon récurrente.

Elle se rend alors en première victime d’elle-même parce qu’elle ne s’aime pas, se fâche et devient triste ou violente de ne pas être reconnue. Elle sélectionne dans sa propre vie et dans la vie des autres ce qui va lui permettre de continuer à vivre mal, et entretenir des commentaires négatifs sur tout et  rien.

Ce comportement a une conséquence,  il génère de la violence, crée une menace pour elle-même. C’est une façon subtile de se faire la guerre en pensant désirer ardemment vivre en paix. Et ainsi se crée un système économique de la victime, une sécurité sociale de la victime.


La peur d’être soi

La victime est identifié à quelque chose de logique, de répétitif :

. “J’ai peur de ce que je pense.”

. “J’ai peur du présent et de l’avenir, je ne veux pas que le passé revienne…”

Elle reste dans la peur du contenu sans savoir qu’en réalité elle a peur d’elle-même.

La difficulté c’est de prendre conscience que cela se passe au centre de soi-même, que “C’est vrai, j’ai peur de moi”. Il est important d’apprendre à rencontrer cette peur fondamentale avant les peurs de ceci ou de cela, qui sont des peurs secondaires.

En prenant conscience de cela, on voit que nos pensées sont comme une projection sur un écran. Sur l’écran du téléviseur, l’acteur a peur…mais ce n’est pas vous ! Vous êtes le spectateur qui observe la peur de l’acteur. L’observateur n’est pas l’acteur.

De la même façon, vous pouvez acquérir cette maîtrise en prenant conscience que vos pensées ne sont pas vous, elles sont à la surface de votre être comme des vagues à la surface de l’océan. L’océan n’est pas agité dans sa profondeur. Seule une partie de lui est agitée, l’autre est calme et tranquille. Ainsi vous ne vous identifiez plus aux pensées de surface mais à l’espace libre et paisible entre deux pensées. Le retour au corps et au réel immédiat est une intention pédagogique à vivre la vraie vie,  à écouter notre être intérieur qui n’a jamais peur.

Alors pour aller de l’avant et être bien dans notre vie, savoir saisir notre chance, etc, laissons tomber ce mécanisme de victime qui alimente l’illusion, nous freine dans nos actions et notre créativité.