Pride and Prejudice by Jane Austen

Pride and Prejudice

by
Jane Austen

prideprejudice

It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune, must be in want of a wife.

However little known the feelings or views of such a man may be on his first entering a neighbourhood, this truth is so well fixed in the minds of the surrounding families, that he is considered the rightful property of someone or other of their daughters.

“My dear Mr Bennet,” said his lady to him one day, “have you heard that Netherfield Park is let at last?”

Mr Bennet replied that he had not.

“But it is,” returned she; “for Mrs Long has just been here, and she told me all about it.”

Mr Bennet made no answer.

“Do you not want to know who has taken it?” cried his wife impatiently.

Alice Through the Looking Glass by Lewis Carroll

Alice Through The Looking Glass

Lewis Carroll

With illustrations by John Tenniel

alice through the looking glass

CHAPTER I.

Looking-Glass house

One thing was certain, that the WHITE kitten had had nothing to do with it:—it was the black kitten’s fault entirely. For the white kitten had been having its face washed by the old cat for the last quarter of an hour (and bearing it pretty well, considering); so you see that it COULDN’T have had any hand in the mischief. The way Dinah washed her children’s faces was this: first she held the poor thing down by its ear with one paw, and then with the other paw she rubbed its face all over, the wrong way, beginning at the nose: and just now, as I said, she was hard at work on the white kitten, which was lying quite still and trying to purr—no doubt feeling that it was all meant for its good.

 

 

The Tale of Peter Rabbit

The Tale of Peter Rabbit

by
Beatrix Potter

TaleofPeterRabbit8Once upon a time there were four little Rabbits, and their names were—
Flopsy,
Mopsy,
Cotton-tail,
and Peter.

They lived with their Mother in a sand-bank, underneath the root of a very big fir-tree.

 ‘Now my dears,’ said old Mrs. Rabbit one morning, ‘you may go into the fields or down the lane, but don’t go into Mr. McGregor’s garden: your Father had an accident there; he was put in a pie by Mrs. McGregor.’

‘Now run along, and don’t get into mischief. I am going out.’

Fleurs du mal par Charles Beaudelaire

Fleurs du mal
par Charles Beaudelaire

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La sottise, l’erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.
Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.
Sur l’oreiller du mal c’est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.
C’est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.
Ainsi qu’un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d’une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.
Serré, fourmillant, comme un million d’helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes
.
Si le viol, le poison, le poignard, l’incendie,
N’ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C’est que notre âme, hélas! n’est pas assez hardie.
Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,
Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
 

Et dans un bâillement avalerait le monde;
C’est l’Ennui! – l’oeil chargé d’un pleur involontaire,
Il rêve d’échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
– Hypocrite lecteur, – mon semblable, – mon frère !

Vingt mille lieues sous les mers par Jules Verne

20 000 lieues sous les mers
par Jules Verne

vingmillelieuessouslesmers

Un écueil fuyant
 
L’année 1866 fut marquée par un événement bizarre, un phénomène inexpliqué et inexplicable que personne n’a sans doute oublié. Sans parler des rumeurs qui agitaient les populations des ports et surexcitaient l’esprit public à l’intérieur des continents les gens de mer furent particulièrement émus. Les négociants, armateurs, capitaines de navires, skippers et masters de l’Europe et de l’Amérique, officiers des marines militaires de tous pays, et, après eux, les gouvernements des divers États des deux continents, se préoccupèrent de ce fait au plus haut point.
 
En effet, depuis quelque temps, plusieurs navires s’étaient rencontrés sur mer avec « une chose énorme » un objet long, fusiforme, parfois phosphorescent, infiniment plus vaste et plus rapide qu’une baleine. Les faits relatifs à cette apparition, consignés aux divers livres de bord, s’accordaient assez exactement sur la structure de l’objet ou de l’être en question, la vitesse inouïe de ses mouvements, la puissance surprenante de sa locomotion, la vie particulière dont il semblait doué. Si c’était un cétacé, il surpassait en volume tous ceux que la science avait classés jusqu’alors. Ni Cuvier, ni Lacépède, ni M. Dumeril, ni M. de Quatrefages n’eussent admis l’existence d’un tel monstre — à moins de l’avoir vu, ce qui s’appelle vu de leurs propres yeux de savants.

L’île mystérieuse par Jules Verne

L’île mystérieuse
par Jules Verne

verneilemysterieuse

« Remontons-nous ?
: Non ! Au contraire ! Nous descendons !
: Pis que cela, monsieur Cyrus ! Nous tombons !
: Pour Dieu ! Jetez du lest !
: Voilà le dernier sac vidé !
: Le ballon se relève-t-il ?
: Non !
: J’entends comme un clapotement de vagues !
: La mer est sous la nacelle !
: Elle ne doit pas être à cinq cents pieds de nous ! »
Alors une voix puissante déchira l’air, et ces mots retentirent :
« Dehors tout ce qui pèse !… tout ! et à la grâce de Dieu ! »

L’anneau magique de Gygès par Platon

 

Unico-AnelloL’anneau magique de Gygès
par Platon

Avant Tolkien, avant Wagner, avant Platon même, une légende ancienne met en scène un anneau au pouvoir magique.

Gygès était un des bergers au service du roi qui régnait alors en Lydie. Après un grand orage où la terre avait éprouvé de violentes secousses, il aperçut avec étonnement une profonde ouverture dans le champ même où il faisait paître ses troupeaux ; il y descendit, et vit, entre autres choses extraordinaires qu’on raconte, un cheval d’airain creux et percé à ses flancs de petites portes à travers lesquelles, passant la tête, il aperçut dans l’intérieur un cadavre d’une taille en apparence plus qu’humaine, qui n’avait d’autre ornement qu’un anneau d’or à la main. Gygès prit cet anneau et se retira. C’était la coutume des bergers de s’assembler tous les mois, pour envoyer rendre compte au roi de l’état des troupeaux ; le jour de l’assemblée étant venu, Gygès s’y rendit et s’assit parmi les bergers avec son anneau. Or il arriva qu’ayant tourné par hasard le chaton en dedans, il devint aussitôt invisible à ses voisins, et l’on parla de lui comme d’un absent. Étonné, il touche encore légèrement l’anneau, ramène le chaton en dehors et redevient visible. Ce prodige éveille son attention ; il veut savoir s’il doit l’attribuer à une vertu de l’anneau, et des expériences réitérées…