Les thérapies narratives māori

Dans la thérapie narrative, les mythes de création Māoris ou cosmogonie sont utilisées pour guérir.

Mark Kopua utilise la connaissance Māori pour guérir Whānau en détresse.

Le garçon s’assoit là, la tête baissée. Il se sent puant; il sait que tous les adultes sont là pour parler de lui, de ce qui ne va pas chez lui.

On lui a toujours reproché d’être si agité, de ne pas faire attention. Il sait que c’est une mauvaise chose.


Mais quand la discussion commence, il ne s’agit pas de savoir comment le soigner. Ils racontent une histoire sur atua, les dieux, et l’un d’eux se comporte exactement comme lui! Il s’appelle Uepoto, et il est toujours curieux. Il est plein de malice, un tutû.

Le garçon lève les yeux.

« C’est là que la guérison commence, avec un échange de mots », dit Poutu Puketapu, 25 ans, travailleur en santé mentale au service Gisborne Te Kūwatawata.Seulement, ce n’est pas son titre ici – dans cet espace il est un Mataora, ou changeur.

Et le garçon n’est ni un patient, ni un client, ni même un consommateur. Il est simplement whānau.

« Au lieu de les étiqueter et de leur faire sentir qu’ils font partie du système de santé mentale, nous les rejoignons avec ces récits. Quand ils entendent le pūrākau (histoires), vous voyez une petite étincelle en eux. »

Mahi a Atua est une forme de thérapie narrative qui se concentre sur la récupération du traumatisme de la colonisation. Les histoires de création māori sont utilisées comme une forme de guérison, reliant les Māori aliénés à leur whakapapa.

Le programme pilote a débuté en août de l’année dernière en réponse aux problèmes disproportionnés de santé mentale chez les Maoris, et est soutenu par le fonds d’innovation du ministère de la Santé et le conseil de santé du district de Hauora Tairāwhiti.

Les jeunes Māoris sont deux fois et demie plus susceptibles que les non-Māoris de se suicider. Les Maoris en général sont plus souvent sous-diagnostiqués, et une fois dans le système de santé mentale sont plus susceptibles d’être isolés et emprisonnés.

Mahi a Atua est dirigé par le Dr Diana Kopua, une universitaire et clinicienne en santé Māori de l’Université d’Otago qui est chef de la psychiatrie au DHB, et son mari Mark Kopua, un praticien du tohunga et du Tā Moko.

Diana et Mark Kopua mènent Mahi a Atua, un programme expérimental alternatif de santé mentale pour Māori à Gisborne.

Et à Gisbourne, il y a du changement. Depuis l’ouverture de Te Kūwatawata il y a six mois, le nombre d’appels urgents à l’équipe de traitement psychiatrique et d’évaluation traditionnelle a diminué de moitié.

Et les renvois à l’équipe de santé mentale des enfants et des adolescents du DHB, un service spécialisé, sont passés d’une moyenne de 70 à 90 par mois à entre 5 et 10. « C’est parce que nous voyons des familles sans avoir besoin de temps d’attente, et les voyons intensément et les soutenons pour surmonter leurs problèmes sans avoir besoin de les référer », dit Kopua.

DÉCOLONISATION DE LA SANTÉ

Après avoir obtenu son premier diplôme à l’École polytechnique de Whitireia en 1993, Kopua est devenue la première infirmière en santé mentale Māori employée à Porirua.

« J’ai vu des Māoris être emmenés à l’hôpital pour admission dans des voitures de police, c’était presque comme s’ils avaient perdu leur existence physique, ils étaient tellement brisés, » Kopua, qui est Ngati Porou, dit.

« J’ai vu le système utiliser ses travailleurs Māori comme un pont pour les amener à l’hôpital. Je voyais, et je vois toujours, des Māoris être surmédicamentés. Si l’un ne fonctionne pas, ajoutons-en un autre, et un autre. J’ai vu de la complaisance.»

Après avoir passé un an à apprendre Te Reo Māori, Kopua a commencé à développer Mahi a Atua. Travaillant avec des adolescents en difficulté, elle leur racontait de nouveau pūrākau, les histoires de divers atua, ou dieux.

Whānau a participé à ces séances, où on a découvert à quel atua l’adolescent se rapportait, et les défis qu’ils avaient en commun. Avec un modèle à partir de sa propre généalogie avec laquelle se comparer, l’adolescent pouvait s’ancrer à une identité positive.

« Vous ne pouvez pas connaître votre identité si vous ne connaissez pas votre whakapapa. Quand nous avons utilisé des histoires, je n’imposais pas mes croyances occidentales, » dit Kopua.

« Avec quelque chose comme le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), la médecine occidentale ne tient pas compte des déterminants historiques et sociaux, de la pauvreté – lorsqu’il y a un lien évident entre ces problèmes et les problèmes de santé mentale. La solution réside dans l’examen de l’histoire de la colonisation et de son impact, guidé par une réponse humaniste.»

Tout ce que Kopua a fait depuis – fréquenter l’école de médecine, devenir le doyen associé de l’Université d’Otago pour Tairāwhiti – a travaillé à établir sa thérapie narrative.

Il y a deux ans, le Ministère a accepté une tentative pour soutenir l’initiative locale de Kopua. En août dernier, elle et son mari ont ouvert la clinique Te Kūwatawata.

La thérapie retourne le format occidental sur sa tête. Au lieu d’un diagnostic individuel centré sur la cause des maladies, Kopua et son Mataora se concentrent à aider la personne et son whānau à trouver un sens culturellement pertinent.

« Nous utilisons les systèmes de connaissances Māori pour donner aux Māoris une vision et un langage différents pour comprendre les problèmes. Nous visons à obtenir beaucoup de rétroaction lorsque nous sommes dans la salle, et nous ne parlons jamais de ce whānau sans qu’ils soient présents. »

Te Kūwatawata ne ressemble pas à un service de santé mentale. Il ressemble à une galerie d’art, et certains des Mataora, comme Puketapu, sont des artistes. Ils s’associeront à un clinicien qualifié pour travailler dans une séance avec un whānau, brisant ainsi la dynamique de pouvoir d’une relation client-médecin typique.

Puketapu, au travail sur un Tā moko.

Pour de nombreux Māori, dit Kopua, les milieux traditionnels de santé mentale sont intimidants. » C’est presque comme si les services de santé mentale étaient une façon de coloniser de nouveau les gens. Vous arrivez, vous êtes déconnectés de votre terre, de votre culture et de votre langue. Vous ne pouvez pas articuler les valeurs qui font partie de vos ancêtres.»

Le professeur David Tipene-Leach, un clinicien externe qui a participé à la rédaction d’un article sur Mahi a Atua dans le New Zealand Medical Journal publié vendredi, dirigera une étude sur les résultats du programme.

« Mon sentiment sous-jacent est qu’il y a beaucoup de choses dont nous devons tenir compte. Ils ont affaire à un groupe de personnes qui n’ont pas été bien traitées auparavant, et ils le font mieux et à un coût moindre.»

John Cowpland

David Tipene-Leach : « Il y a beaucoup de choses à noter. »

Mon bébé a été blessé
Tama* avait quatre ans lorsqu’il a dit à sa mère, Erena, qu’il avait été agressé sexuellement. Pendant plusieurs années, elle a été ballottée par les services de santé mentale et d’aide aux victimes d’agression sexuelle, aucun ne pouvant ou ne voulant aider.

« On m’a référé à beaucoup de gens, mais je tournais en rond. Mon bébé est venu me voir et m’a dit cela à 4 ans, mais je ne pouvais trouver personne pour m’aider. Je me sentais découragée », dit Erena.

« Il voulait des réponses – ‘Pourquoi cela m’est-il arrivé, qu’est-ce que j’ai fait de mal? ‘ et je n’en avais pas. »

La cellule  Crise du Viol a offert des séances de thérapie du sable et de l’art, mais Erena a estimé que ce n’était pas ce dont le whānau avait besoin.

« Je n’avais pas le droit d’être dans la chambre avec mon fils lorsqu’il faisait sa thérapie artistique. On me l’enlevait et j’avais l’impression qu’on me traitait comme si j’étais l’agresseur.»

Avec « Doctor Di », toute la famille est impliquée. Son fils, auparavant en retrait et en colère, a montré plus de progrès en cinq sessions que les cinq dernières années, dit Erena. Whiro, le dieu de la colère, est son préféré.

« Mon fils adore ça. Il dit ‘J’aime me faire raconter les histoires maman, je comprends mes sentiments ».

« Il peut les relier aux personnages, et se rendre compte qu’il n’est pas le seul à devoir traverser ces choses. Il m’a dit : ‘J’aime Whiro, parce qu’il est dans un endroit sombre comme moi’.«

C’était triste pour moi en tant que mère, mais c’était une guérison pour moi d’entendre mon fils commencer à laisser aller certaines choses. Il est pétillant, il commence à être plus extraverti, sa confiance s’améliore, il est plus engagé avec la famille. »

Une pièce de Ta Moko praticien et Gisborne tohunga Mark Kopua représentant Whiro, le dieu des défis. L’art est utilisé pendant les séances de thérapie comme stimulant visuel.

Puketapu travaillait comme apiculteur quand Mark Kopua lui a demandé de s’entraîner comme Mataora. Au début, il s’est dit que ça l’aiderait à se rapprocher de Kopua.

« Mark est mon idole depuis que je suis très jeune, tout comme beaucoup de jeunes hommes de mon âge. J’ai fini par travailler côte à côte avec oncle Mark et il m’a fait connaitre l’aiguille pour appliquer du moko sur la peau. C’est probablement la plus grande chose que j’ai jamais accomplie pour moi-même », dit Puketapu.

« Après avoir appliqué mon premier moko, il a pensé que ce serait une bonne idée que je vienne à ces wananga [cours de formation] et je me disais ‘Oh génial, cool! ‘. »

Après quelques-uns, il était accro. » Chaque semaine, on m’éclairait au sujet de pūrākau et ces mots sophistiqués dont je n’ai jamais entendu parler comme le racisme institutionnalisé et la méritocratie. Je suis devenu accro à ça. »

Il ne se sent pas que c’est un travail. Souvent, une fois qu’un whānau est prêt à quitter le service, ils demanderont un moko. Pour Puketapu, c’est un honneur.

« C’est comme cette amitié que vous avez bâtie avec eux, une confiance, vous ne voulez pas dire au revoir, mais c’est bien, parce qu’ils vont bien.

« Pour moi, les marquer avec du moko est une façon de soigner, et de reconnaître ce qu’ils ont traversé. »

*Les noms ont été modifiés.

MICHELLE DUFF   9 Mars 2018

Traduit de l’anglais par Valentine de  Ethnicolor 

lien vers l’article dans sa langue originale

https://www.stuff.co.nz/national/102115864/in-narrative-therapy-mori-creation-stories-are-being-used-to-heal

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Fondation Sindika Dokolo

Je vous présente la fondation Sindika Dokolo créée en 2007 et située à Luanda en Angola. Elle a pour mission de promouvoir la culture et l’art africains. Son but est de faire connaitre la philosophie et les valeurs africaines a travers l’art africain classique et l’art africain contemporain. Elle se propose donc de réaliser des expositions et des festivals internationaux en Afrique et dans le monde et de participer à l’émergence d’artistes africains et de la diaspora africaine. Sindika Dokolo est né au Zaïre, c’est un collectionneur qui possède la plus grande collection d’œuvres d’art africains contemporains. Il est aussi un homme d’affaire florissant. Selon lui, l’art est le moyen le plus accordé pour qu’un peuple retrouve son identité et se réapproprie son histoire et sa souveraineté. 

Action :

  • Restitution d’œuvres Chokwe volées au musée de Dundo* en Angola et exposées au Palais de Fer, Quartier Général de la Fondation Sindika Dokolo

Retour d’œuvres Chokwe, volées au Musée de Dundo, Angola_présentation au public_Luanda 13/02/2016

  • Exposition de la collection Sindika Dokolo au Portugal

Contact :

Fondation Sindika Dokolo
Fondation Sindika Dokolo,Palacio de Ferro,Rua Major Kanhangulo, Ingombota, Luanda,Angola


Email : contact@fondation-sindikadokolo.com

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Formations en ligne pour l’Afrique

Openclassrooms s’allie à Orange Afrique pour diffuser ses formations en ligne

Par   |  23 février 2018 à 09h10 — Mis à jour le 27 février 2018 à 14h21
 

C’est le deuxième partenariat pour l’éducation en ligne en moins d’un mois pour Orange. Cette fois-ci, c’est avec la plateforme de cours en ligne Openclassrooms que l’opérateur s’allie pour développer des formations de 3 à 18 mois aux métiers du numérique.

En moins d’un mois, Bruno Mettling, PDG d’Orange Afrique a conclu deux partenariats consacrés au développement des compétences par le numérique. Le premier a été signé début février avec le Centre national d’enseignement à distance (Cned) pour faciliter l’accès à des contenus éducatifs sur smartphones. Le second est lancé aujourd’hui avec la plateforme française de cours en ligne Openclassrooms. Le but ? Proposer des formations diplômantes et certifiantes sur les métiers du numérique.

Des cursus encore chers

Plus concrètement, le duo propose aux étudiants et professionnels d’accéder à des cursus diplômants et certifiants, de niveau post-bac à bac+5, reconnues par la France et disponibles via le réseau Internet mobile. Les cours les plus simples comme l’initiation au numérique sont adaptés au format smartphone, économes en data et d’ores et déjà disponibles sur iOS. Les plus élaborés, comme ceux consacrés à la programmation, restent disponibles sur PC uniquement.

Les pré-requis pour participer aux cours, les contenus mêlant texte, vidéo et quizz d’évaluation, l’accompagnement par un mentor et le mode d’évaluation sont identiques aux formations proposées en France. Tout comme les prix qui, varient selon la durée (de 3 à 18 mois) : 3 000 euros pour la formation de data architect, 3 600 pour le diplôme de chef de projet multimédia et design ou encore 6 000 euros pour devenir expert en stratégie marketing et communication.

Des sommes inaccessibles pour beaucoup, que Pierre Dubuc, co-fondateur d’Openclassrooms, attribue à un système de mentorat qui personnalise la formation mais coûte cher à la plateforme. Il cherche évidemment à les réduire : “Nous employons des mentors européens aux prix européens, ce qui relève les coûts des formations. Mais nous sommes en train d’en recruter sur place ce qui abaissera nos charges et se répercutera sur le prix les formations”, explique-t-il.

Gratuits pour les chercheurs d’emploi

Le rôle d’Orange dans ce partenariat, sera aussi de faciliter les démarches pour que Openclassrooms puisse proposer ses formations aux services publics pour l’emploi. Nous donnons la possibilité à l’Anapec (Maroc), l’Aneti (Tunisie) et les agences pour l’emploi du Bénin et du Togo, de proposer nos formations gratuitement aux chercheurs d’emploi. Nous discutons aussi avec les autorités de 12 pays, dont le Niger, le Mali, le Sénégal et Madagascar. Ce sont des actions totalement philanthropiques que nous finançons pour le moment sur nos fonds propres. Mais pour que cela dure nous devons trouver des financements auprès des bailleurs de fonds internationaux”, explique Pierre Dubuc.

Former par milliers

Nous avons réalisé que pour répondre à une telle de demande en formations technologiques, l’outil adéquat était la technologie elle-même.

“Après l’ouverture de la Sonatel Academy en septembre 2017, nous avons reçu un raz-de-marée de 12 000 candidatures pour 50 places. Nous avons réalisé que pour répondre à une telle de demande en formations technologiques, l’outil adéquat était la technologie elle-même. Avec des plateformes comme Openclassrooms, vous pouvez former par milliers”, remarque Bruno Mettling, PDG d’Orange Afrique.

Pourtant, la seconde étape du partenariat entre l’opérateur et la plateforme de formation, sera de développer des centres de formation en dur, basés dans des écoles ou universités locales partenaires et au sein du réseau de l’Agence universitaire pour la francophonie (AUF). « Nous nous sommes rendus compte que pour soutenir la motivation des étudiants, il leur faut des temps de rencontre. Ces centres seront donc des points de rendez-vous ponctuels pour des cours en présentiel”, détaille Thierry Coilhac, directeur e-éducation chez Orange. Les accords sont encore en négociation, mais premiers centres devraient a priori être installés dans les pays d’Afrique de l’Ouest où Orange est implanté.

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La Science Unitaire

La Science Unitaire de l’Intra-Univers

de Jean-Paul Appel-Guéry

 

Science Unitaire de l’Intra-Univers, Jean-Paul Appel-Guéry, Institut de la Science Unitaire de l’Intra-Univers

Livre 1. Chapitre 1 (extrait)

Réponses Unitaires

IJP. Appel-Guéry

Chapitre 1 

Opération de transfert unitaire

1  Constitution, Rythme, Contrôle des transferts

  1. Raisons empêchant le contact entre la numération interne et l’être de synthèse

 

 

La numération interne du corps de l’homme est prête à rencontrer son être de synthèse, et il y a des raisons pour lesquelles ceci ne se fait pas. La majorité du temps, l’homme est en tracé extérieur par rapport à son circuit de numération unitaire interne, et il garde une partie de ses éléments de synthèse pour des opérations extrêmement extérieures. L’ampère énergétique de son corps, c’est à dire la situation énergétique de son corps, est dispersée dans des opérations qui n’ont pas de signatures avec d’autres dimensions de synthèse.  Dans certaines conditions d’existence, la forme numérale des êtres est beaucoup plus adaptée à leur corps biologique. Des éléments impérieux demandent des transferts, c’est pourquoi la plupart du temps les gens se déplacent sur des zones lourdes pour essayer de transférer leur système de puissance. Mais la matière impérieuse est toujours une question de signature, c’est à dire qu’il ne suffit pas d’aller sur des lieux où sont des puissances.  Il faut encore pouvoir réaliser, sur ces zones des architectures de contrôle qui permettent le contrôle de ces forces. La majorité des gens sont effectivement appelés par leur signature de puissance, mais la consécration de leur système de synthèse étant insuffisante, ils sont dans l’incapacité de créer des conditions pour transformer ces étages (1) de puissance en des systèmes intégrés dans les zones de déconnexion.

Liens contenant cet ouvrage

Unitary Science

Interlitterature

Axiel

Amazon

 

_________________________

  1. Étage: plans organisés et construits, habités comme dans une structure à étages.

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Les Dogons et les Extra-Terrestres

Les Dogons et les Extra-Terrestres

De nombreux peuples dans un très lointain passé ont été contactés par des  êtres venant du cosmos et issus de civilisations plus avancées. On retrouve des traces des ces faits dans leur cosmogonie et leur mythologie. Les Dogons sont les dépositaires d’une des rencontres les plus incroyables et les plus mystérieuses entre des hommes de l’Afrique et des Extra terrestres venus de Sirius. Leur histoire a été étudié par l’ethnologue Marcel Griaule et son élève Germaine Dieterlen.

Les Extra-Terrestres chez les Dogons

 

 

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Conte européen

Le petit poisson d’or d’Alexandre POUCHKINE

Première partie

Jadis vivaient un vieil homme et sa femme. Ils logeaient dans une masure en terre battue
que même les plus pauvres auraient refusé d’occuper, mais eux ne s’en plaignaient pas.
Depuis trente-trois ans, le vieil homme et sa femme étaient heureux ensemble. Parfois ils
se chamaillaient, mais cela n’avait jamais beaucoup d’importance. Le vieil homme était
pêcheur. Pendant qu’il pêchait, sa femme filait, assise à son rouet. Dans la vie, les
mauvaises périodes alternent avec les bonnes. Or, au moment où commence cette
histoire, rien n’allait. C’était comme si tous les poissons de la mer étaient partis vers
d’autres océans. Le vieil homme avait beau s’obstiner, il ne pêchait plus rien. Un matin, il
jeta son filet, mais ne remonta à la surface que de la boue.

« Qu’est- ce que cela veut dire ! » marmonna-t-il, furieux, en lançant à nouveau son filet.
« Aie, aïe, que c’est lourd ! » souffla-t-il soudain plein d’espoir. Mais dans le filet, il n’y avait qu’un tas d’algues vertes. « Je vais essayer une troisième fois », se dit-il, en pensant à sa femme qui n’avait rien à manger.

Le filet fut si lourd à remonter que le vieil homme faillit tomber à l’eau en tentant de le sortir. Il mobilisa toutes ses forces, tira, tira… Quelle ne fut pas sa déception lorsqu’il ne vit frétiller au milieu des mailles qu’un tout petit poisson, pas plus gros que le petit doigt, mais brillant comme s’il était d’or pur.

« Maudit poisson ! » se lamenta le pêcheur. Ma femme va t’avaler en une bouchée et moi,
je n’aurai même pas une écaille à me mettre sous la dent !
« Laisse-moi retourner dans la mer », dit alors le poisson, « je te récompenserai en
exauçant chacun de tes voeux ». Le vieil homme sursauta. Depuis le temps qu’il était
pêcheur, il n’avait jamais entendu un poisson parler !
« Eh bien, soit, va- t’en ! Nage où bon te semble, dit-il en jetant le petit poisson dans les
vagues bleues. De toute façon, on se serait étranglé avec tes arrêtes ! »

Il se faisait déjà tard. Le vieil homme ramassa son filet et rentra chez lui. Sa femme l’attendait. Les casseroles vides étaient posées près du feu. Le vieil homme ne savait pas quoi faire pour la consoler. Il lui raconta sa rencontre avec le poisson doré qui parlait d’une voix si douce.

« Il m’a promis d’exaucer chacun de mes voeux, » lui dit-il, « mais rien ne m’est venu à
l’esprit. »
« Quel imbécile tu fais ! » s’écria-t-elle. « Rien ne t’est venu à l’esprit ! Tu pouvais au
moins demander un baquet neuf, le nôtre a plus de trous que tes chaussures ! Retourne
au bord de l’eau et demande cette faveur à ton petit poisson doré ! »

Il n’y avait rien à répliquer, le vieil homme retourna sur le rivage. En chemin, il se répétait sans cesse le souhait de sa femme pour ne pas l’oublier.

« Poisson, joli petit poisson doré », appela- t-il en direction des vagues. « Viens, je t’en
prie, je dois te parler. » La mer s’agita et le petit poisson doré sortit des profondeurs.

« Tu en fais du bruit », dit-il, « je ne suis pas sourd. Aurais-tu un souhait à formuler ? N’aie pas peur, exprime ton vœu le plus secret. Je t’ai donné ma parole et je la tiendrai ».

« Ne te fâche pas, soupira le vieil homme. Ma femme n’est pas contente, elle dit que nous
avons besoin d’un baquet et que j’aurais pu te le demander. Si tu n’en trouves pas un
neuf, qu’importe, du moment qu’il n’ait pas de trou ».

« Sois tranquille, dit gentiment le poisson, un baquet se trouve facilement. Rentre chez
toi. »

Le pêcheur rentra chez lui en sautillant comme un jeune homme. Sa femme allait
être contente. En approchant de sa masure, il la vit laver le linge dans un magnifique
baquet neuf. Mais au lieu d’avoir l’air réjouie, elle était furieuse.

« Quel idiot ! Quel âne ! Quel bon à rien ! » hurla- t-elle en plongeant son bras dans l’eau
pour y chercher un chiffon qu’elle lui jeta à la figure.

« Qu’est- ce qui t’arrive ? » demanda le vieil homme stupéfait. « Depuis trente-trois ans
que nous vivons ensemble tu n’as jamais été comme ça ! »

« Tais-toi, triple sot ! Tu ne pouvais pas au moins demander une maison neuve ? Regarde
dans quel état est la nôtre. À quoi nous sert d’avoir un nouveau baquet, nous n’allons tout
de même pas habiter dedans ! »

Le vieil homme soupira et retourna lentement au bord de
la mer.

« Poisson, joli petit poisson doré », murmura- t-il.

« Que me veux-tu ? » répondit le petit poisson d’une voix douce. « Ne te fâche pas, gentil
poisson », bredouilla le vieil homme, « mais ma femme désire une maison neuve. Elle ne
fait que se lamenter et me traite d’idiot ».
« Une maison n’est pas un prix trop élevé pour m’avoir sauvé la vie », répondit
aimablement le poisson. « Rentre chez toi, j’espère que ta femme sera satisfaite ».

Le vieux pêcheur se dépêcha de rentrer. Quelle ne fut pas sa stupeur de voir, à la place de
leur vieille masure en terre battue, une belle maison de bois avec un toit solide, une cave
et un grenier. Sa femme l’attendait à l’entrée, assise sur un banc.

« N’as-tu donc pas de cervelle ? » vociféra- t-elle. Sa colère était si grande qu’elle faisait
des étincelles et c’est miracle si le vieux pêcheur ne prit pas feu.

« Qu’ai-je encore fait ? » s’étonna- t-il. « N’as- tu pas ce que tu voulais ? »

« Tu n’es qu’un nigaud ! Demander au poisson une maison, alors qu’il t’a dit qu’il
exaucerait n’importe lequel de tes voeux ! Qu’il garde sa maison, je préfère un château ! »

Le pauvre pêcheur tremblait maintenant de peur devant sa femme. Elle qui était si calme
et gentille s’était transformée en furie. Plongé dans ces pensées, le vieil homme retourna
vers la mer. Qu’allait penser le poisson ? se demandait-il avec inquiétude. Pour se
redonner courage, il se dit que le poisson ne le mangerait pas et que ce serait bien pire s’il
rentrait à la maison sans avoir contenté sa femme.

Deuxième partie

« Poisson, joli poisson », appela-t-il d’une voix timide. « Que veux-tu encore ? » demanda
le poisson doré quelques instants plus tard. « N’ai- je pas exaucé ton voeu ? »

« Si », bredouilla le pauvre pêcheur, « mais ma femme n’est pas contente. Elle ne veut
plus d’une maison, elle veut un château. Elle veut porter des habits de velours et de soie,
avoir de la vaisselle d’or et des verres de cristal, elle veut être entourée de valets… Elle
mériterait une correction, mais je n’ose pas ».

« Tu es un brave homme », dit le petit poisson. « Retourne chez toi, ta femme sera
satisfaite ».

Et sur ce, il disparut dans les vagues bleues de la mer. Le vieil homme rentra
chez lui tout penaud. De loin, il aperçut le palais. Il était tout de marbre et d’albâtre. Sa
femme, fière comme un paon, donnait des ordres à une multitude de valets et, jamais
satisfaite, les giflait ou leur tirait les cheveux pour se faire obéir. Le vieil homme ne voulut
pas en croire ses yeux. Le spectacle était trop affligeant.

« C’est moi », lui dit-il d’une voix tremblante en serrant son chapeau dans ses mains. « Es tu satisfaite maintenant ? » La vieille femme le regarda avec mépris.

« Que veux-tu, misérable ? Retourne à l’écurie ! Change le fumier, porte de l’eau et de la
nourriture aux chevaux. Quand tu auras fini, tu pourras dormir avec eux sur la paille. »

Les yeux du pauvre pêcheur se remplirent de larmes. Qu’était devenue sa douce épouse ?
Une harpie sans coeur ! Mais, déjà, obéissant aux ordres de la méchante femme, un valet
le frappait à coup de fouet, et il dut se rendre à l’écurie. Une semaine passa… puis une
autre… Cette nouvelle vie plaisait infiniment à la femme du pêcheur. Elle changeait de
vêtements à longueur de journées et passait son temps à s’admirer dans les miroirs. Les
domestiques étaient intarissables de compliments, mais tous, dans son dos, disaient du
mal d’elle. Un jour, elle en eut assez de changer sans cesse de parures et fit chercher le
vieux pêcheur à l’écurie.

« Par ta faute, dit-elle d’une voix désagréable, je ne suis qu’une comtesse insignifiante. Si
tu avais eu un peu de plomb dans la cervelle, tu aurais demandé au poisson de me faire
tsarine. Il n’est pas trop tard pour bien faire, retourne au bord de la mer ! »

« Tu es devenue folle ? » s’écria le vieil homme avec colère.

« Tais-toi, déguenillé ! » répliqua sèchement la méchante femme. « Comment oses-tu
parler de cette façon à ta maîtresse ? File ! Ou tu seras fouetté ! » Le pauvre pêcheur
n’avait plus qu’à obéir.

« Poisson, joli poisson doré, murmura- t-il. Je suis si confus… mais ma femme voudrait
plus encore… » « Que veut-elle ? » demanda aussitôt le poisson. « Ma femme veut
devenir tsarine », dit-il en rougissant de honte.

« Je vais t’aider », répondit le poisson, ayant pitié du brave homme. « Ta femme veut
devenir tsarine, elle le sera, mais c’est la dernière fois, je ne veux plus jamais entendre
parler d’elle ». Le pauvre pêcheur n’eut même pas le temps de le remercier, le petit
poisson doré avait disparu dans les vagues.

« Ce serait vraiment un comble si ma femme me traitait d’imbécile », pensait-il en rentrant
chez lui tout heureux. Au détour du chemin, il resta soudain comme pétrifié. Devant lui se
dressait un palais merveilleux, tout de dorures, brillant de mille feux. Le vieil homme gravit l’escalier monumental et entra dans une vaste salle de réception. Trônant au bout d’une longue table, au milieu de comtes et de comtesses, sa femme tenait à pleine main,
comme un sceptre, une énorme cuisse de canard. Un serviteur remplit son verre d’un vin
de belle couleur, puis s’inclina jusqu’au sol. La vieille femme mangeait bruyamment, en
claquant la langue, puis essuyait sa bouche grasse à même sa jupe. Le vieil homme était
si heureux qu’il eut envie de rire.

« Tsarine, dit-il avec respect, j’espère que vous êtes satisfaite de votre vieux et stupide
mari. Je pense que vous saurez récompenser mes efforts et que vous me laisserez une
place à votre table. Pauvre vieillard naïf ! Il n’était pas au bout de ses peines.

« Disparais de ma vue, misérable ! » hurla la vieille femme à son adresse. « Ne vois-tu
pas que je gouverne ? »

Elle claqua des doigts et des gardes attrapèrent le vieil homme par le col et le jetèrent dehors. Une semaine passa… puis une autre… et la vieille femme se lassa d’être tsarine. Elle ordonna aux gardes d’aller chercher son mari.

« Retourne voir ton poisson doré », hurla- t-elle dès qu’il eut franchi la porte, « et dis-lui
que je veux devenir reine de toutes les mers et de tous les océans ! » Le poisson doré
sera mon serviteur.

Le vieil homme n’osa pas répliquer. Il s’inclina et sortit. Il marcha très
lentement jusqu’au bord de la mer et s’assit sur la grève. Que faire ? Il avait honte, mais
n’avait pas d’autre solution que d’obéir à sa femme. À voix basse, il appela le poisson.
L’horizon devint noir comme l’encre, le vent hurla et la mer se déchaîna.

« Que me veux-tu encore ? » demanda le poisson en colère. « Ma femme est certes un
peu bizarre, mais personne n’est parfait », bredouilla le vieux pêcheur. « Pourrais-tu
encore une fois exaucer son voeu ? Elle désire devenir la reine de la mer et que tu sois
son serviteur. » Le poisson ne répondit pas, il donna un coup de nageoire sur l’eau et
disparut. Un éclair alors illumina le ciel et un violent coup de tonnerre retentit.

« Ma femme va être contente », se dit le vieux pêcheur en prenant le chemin du retour, le
joli petit poisson doré va sûrement exaucer son voeu. Il dut se frotter les yeux pour le
croire : là où se dressait le palais aux magnifiques coupoles, il n’y avait plus qu’une pauvre
masure en terre battue ! Sa vieille femme, vêtue de guenilles, lavait dans un baquet troué
quelques linges déchirés. Elle ne se lamentait pas, elle ne criait pas. Sur son visage ridé
coulaient des larmes amères. La vie est ainsi faite : qui veut trop, n’a rien.

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Conte amérindien

Yakawi au pays des aigles

En ce temps-là, les aigles étaient blancs. Lorsqu’ils planaient très haut, au-dessus du village des hommes, ils ressemblaient à de petits flocons de neige, bercés par le vent.

Un jeune indien, du nom de Yakawi, vivait dans un tepee avec ses trois sœurs. Un jour qu’il était parti chercher des fruits sauvages dans la forêt, il découvrit près d’un buisson un jeune aigle blanc blessé. Yakawi pensa : cet oiseau est trop jeune pour voler. Il a dû tomber du nid, il a besoin d’être soigné. Yakawi le rapporta chez lui et lui fabriqua une grande cage qu’il accrocha dans l’arbre devant son tepee.

Or, depuis que Yakawi avait ramené le jeune aigle blanc au village, il n’aidait plus ses sœurs comme il le faisait auparavant. Il n’allait plus travailler dans les champs, il n’allait plus chercher de l’eau pour faire cuire le maïs, il n’allait plus ramasser du bois mort pour allumer le feu. Ses journées, il les passait à chasser pour nourrir son aigle blanc.

Ses sœurs étaient furieuses. Elles n’arrêtaient pas de se plaindre. Mais Yakawi ne voulait rien entendre ; si bien qu’un jour, elles se réunirent sous l’arbre devant le tepee et mirent au point un plan pour se débarrasser de l’aigle blanc.

Celui-ci avait tout entendu. Lorsque Yakawi revint de la chasse, les trois sœurs partirent immédiatement travailler dans les champs. Yakawi rapportait un magnifique lapin qu’il offrit à son aigle blanc. Mais pour la première fois, l’aigle détourna la tête du lapin et son regard était plein de tristesse.

– Que se passe-t-il ? s’étonna Yakawi.

– Laisse-moi m’en aller. Je ne veux plus rester ici.

– Et pourquoi ? demanda Yakawi

– Parce que je veux retourner chez moi, dans ma famille.

Yakawi sentit son cœur se serrer.

– Mais tu n’es pas heureux avec moi ? Est-ce que je ne m’occupe pas bien de toi ?

– Si, je suis très heureux avec toi, soupira l’aigle, mais tes sœurs veulent me tuer. Laisse-moi partit si tu ne veux pas me voir mourir.

– Je ne veux pas que tu meures, dit Yakawi. Mais si tu dois partir, je partirai aussi.

– C’est bien, dit l’aigle. Dans ce cas, va chercher de la nourriture. Il nous en faut suffisamment pour le voyage.

Yakawi remplit une sacoche de viande fumée et s’empara d’un sac de maïs.

– Ouvre la cage, ordonna l’aigle.

Yakawi ouvrit la cage et l’aigle en sortit.

– Monte sur mon dos, ordonna l’aigle.

Yakawi s’installa sur le dos de l’aigle.

– Ferme les yeux Yakawi, car tu ne dois pas voir le chemin que nous allons parcourir.

Yakawi ferma les yeux et l’aigle s’éleva dans les airs. Il s’envola au-dessus du champ où travaillaient les trois sœurs de Yakawi.

– N’ouvre pas les yeux, expliqua l’aigle. Mais chante pour que tes sœurs te voient. Ainsi, elles sauront que tu pars.

Yakawi chanta et sa voix attira l’attention des jeunes filles. Elles levèrent les yeux et virent Yakawi installé sur le dos de l’aigle.

Elles l’appelèrent :

– Yakawi ne t’en va pas ! Tu es notre frère, Yakawi regarde-nous !

Mais Yakawi et l’aigle traversèrent ainsi le premier ciel. Un fois le premier ciel traversé, ils atteignirent le second ciel. Dans le second ciel vivaient les corbeaux.

Après le pays de corbeaux, par-delà les mers de nuages et les grandes dunes de brume, se trouvait le troisième ciel. Le troisième ciel était le pays des éperviers.

Enfin, ils arrivèrent au quatrième ciel. C’était le pays des aigles. Yakawi fut enfin autorisé à ouvrir les yeux. Il ne pouvait pas savoir où il se trouvait car le village où ils étaient arrivés ressemblait à son propre village ; des tepees décorés étaient regroupés autour d’un grande place ronde.

L’aigle se posa au sommet du plus grand tepee. Tout en haut, il y avait une ouverture, et de cette ouverture pendait une échelle de corde. L’aigle blanc et Yakawi descendirent dans le tepee. L’oiseau prit alors un couteau de silex posé près du foyer. D’un coup sec, il fendit de haut en bas son enveloppe d’aigle et une jeune fille apparut. Yakawi poussa une exclamation de surprise. Mais il n’eut pas le temps de poser la moindre question car, à l’extérieur, un grand bruit d’ailes retentit.

La jeune fille, suivie de Yakawi, sortit du tepee et gagna la grande place ronde. Là, un magnifique aigle blanc était en train de se poser en son centre. Il portait, dans ses serres, un daim qu’il jeta à terre.

Puis il enleva son enveloppe d’aigle et un homme apparut. Et c’est un deuxième aigle qui se posa sur la grande place ronde. Il tenait, lui aussi, dans ses serres, un daim qu’il jeta à terre. Puis un troisième aigle se posa ; il ramenait un chevreuil… Bientôt, ils furent quarante rassemblés que la grande place ronde : vingt hommes et vingt femmes. Chacun avait apporté le produit de sa chasse et chacun s’était débarrassé de son enveloppe d’aigle.

Lorsque tous furent arrivés, la jeune fille qui avait amené Yakawi sur son dos s’approcha de celui qui semblait être leur chef. Elle lui parla longuement à voix basse. Le chef dit à Yakawi :

– Bienvenue chez nous, fils. Mitocoosis, ma fille, me dit que tu lui as sauvé la vie. Si tu maries avec elle, nous partagerons avec toi nos secrets. Nous te ferons une enveloppe d’aigle et tu pourras rester avec nous pour toujours.

Yakawi aimait Mitocoosis. Il choisit  de l’épouser. Les aigles lui préparèrent une magnifique enveloppe d’aigle. Pour cela, ils découpèrent une peau de daim et chacun s’arracha un peu de duvet qui fut cousu sur la peau. Puis chaque aigle donna quelques plumes de son aile droite pour l’aile droite de Yakawi. Puis chaque aigle donna quelques plumes de son aile gauche pour l’aile gauche de Yakawi, et quelques plumes de sa poitrine pour la poitrine de Yakawi, et quelques plumes de la queue pour la queue de Yakawi, et enfin quelques plumes de sa tête pour la tête de Yakawi.

Pour finir, on lui fabriqua un bec solide et de puissantes serres. A la fin, Yakawi pur revêtir son enveloppe d’aigle.

Chaque matin, les aigles s’habillaient pour aller à la chasse et s’envolaient pour rejoindre la terre. Ils rentraient le soir, chargés de lapins, de daims ou de chevreuils. Si Yakawi avait une enveloppe d’aigle, il ne savait pas voler. Mitocoosis fut chargée de lui enseigner comment volent les aigles. Elle le fit monter au sommet d’un tepee. Yakawi s’élança, il déplia ses ailes du mieux qu’il put, mais il tomba. Il essaya encore et encore et tomba ainsi plusieurs fois de suite. Puis petit à petit, il commença à voler.

– Maintenant, lui dit Mitocoosis, il faut que tu apprennes à chasser comme les aigles.

Alors, ils descendirent sur terre. Ils traversèrent d’abord le pays des éperviers, puis celui des corbeaux, avant d’arriver au pays des hommes. Yakawi survola son village et la forêt où il avait trouvé l’oiseau blessé. Mais quand il essaya de chasser comme un aigle, cela lui parut impossible. Il n’avait ni arc, ni flèches. Il manqua un premier lapin, puis un deuxième, puis un troisième. Il fut découragé.

Ce fut Mitocoosis qui attrapa un daim pour eux deux. Yakawi se sentait terriblement fatigué.

Ils firent alors quelque chose que ne font jamais les aigles sur Terre : ils enlevèrent leurs enveloppes et s’assirent au bord d’un ruisseau pour se reposer avant de remonter au pays des aigles. C’était courir un danger mortel que de se reposer ainsi sur la terre des hommes.

Le retour fut difficile. Mitocoosis volait près de Yakawi pour l’empêcher de tomber. Enfin, ils atteignirent le pays des corbeaux, puis celui des éperviers et finalement, ils arrivèrent au pays des aigles où l’on commençait à s’inquiéter pour eux. Ils furent accueillis avec joie.

Yakawi était très fatigué. De la provision de maïs et de viande fumée qu’il avait apportée lors de son premier voyage, il ne restait presque plus rien. Ce soir-là, il mangea les derniers grains de maïs. Le lendemain matin,  Mitocoosis s’aperçut qu’il ne mangeait pas, comme les autres aigles le faisaient.

– Tu as besoin de reprendre des forces Yakawi, car nous devons partir à la chasse aujourd’hui. Pourquoi ne manges-tu pas ?

Yakawi soupira.

– Je n’ai plus de maïs, ni de viande séchée… et je n’arrive pas à manger de la viande crue comme vous.

– Tu dois pourtant essayer de le faire. Tu as bien réussi à apprendre à voler !

Yakawi essaya donc de manger de la viande crue, mais c’était impossible. Cela le rendait malade.

Lorsque Mitocoosis et lui descendaient dans la prairie, Yakawi tentait de trouver suffisamment de fruits sauvages pour se nourrir, mais il ne pouvait pas s’attarder, de peur d’être tué par un chasseur.

Un matin, Yakawi se leva plus faible que jamais. Il appela Mitocoosis et lui dit :

– Il faut que je parte si je ne veux pas mourir.

– Mais je ne veux pas que tu partes, protesta Mitocoosis.

Le chef des aigles passait par là. Il les entendit.

– Puisque Yakawi ne peut pas manger de la viande crue, déclara le chef des aigles, nous l’aiderons à la fumer ou à la faire cuire. Il suffira que chaque soir, chaque aigle rapporte, en plus du gibier, quelques glands, de l’écorce sèche ou un morceau de bois.

Le soir même, les aigles rapportèrent des glands, de l’écorce sèche et des morceaux de bois. Yakawi prépara le feu et tous les aigles l’aidèrent en battant des ailes pour aviver les flammes. Le feu ayant pris, Yakawi mit la viande à cuire.

Et pour que le feu chauffe bien, les aigles continuèrent à battre des ailes en tournant autour du foyer.

Et c’est à force de voler autour du feu qu’ils devinrent gris. Lorsqu’ils s’en aperçurent, les aigles essayèrent bien de blanchir leurs plumes, mais sans succès.

Et c’est depuis ce temps que les aigles sont gris et qu’ils le sont encore aujourd’hui.

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Conte Asiatique

Le rêve de Tao

Dans un petit village de Chine, non loin de la ville de Nankin, vivait un jeune homme prénommé Tao. Il était très pauvre, mais cela ne l’empêchait
pas d’être généreux et toujours prêt à aider son prochain. Personne
ne s’adressait à lui en vain. Un jour, alors que le soleil brillait déjà
très haut dans le ciel, Tao, qui dormait sur une paillasse (1) à l’ombre d’un
arbre, fut réveillé assez brutalement par un inconnu. Surpris, il ouvrit
les yeux et vit devant lui un homme tout de gris vêtu. 

« Réveille-toi, Tao, lui dit l’inconnu. La reine t’attend !
— La reine ? s’étonna Tao. Mais je ne connais pas de reine !
— Elle, en revanche, te connaît, poursuivit l’homme en gris, et elle m’a
envoyé te chercher de toute urgence. Viens, suis-moi !
— Mais qui êtes-vous donc ? demanda Tao au messager, je ne vous ai
jamais vu ! »
L’inconnu haussa les épaules : « À quoi cela t’avancerait-il de m’avoir
déjà vu et de savoir qui je suis ? La reine a besoin de ton aide. Tu es
bien Tao, celui qui ne refuse jamais son aide à personne ? »

Tao n’osa plus poser de question. Il replia rapidement sa paillasse, et
suivit l’inconnu. Ils marchèrent un long moment. À l’instant où Tao crut
atteindre les dernières maisons du village, il découvrit devant lui une
ville immense dont toutes les habitations, massées les unes contre les
autres, présentaient une forme assez étrange, qui lui sembla vaguement
familière. 

  

L’inconnu pénétra dans l’une d’elles, plus vaste et somptueuse que les
autres. Tao le suivit. Ils arrivèrent dans une salle immense, où une très
belle femme était assise sur un trône majestueux. Elle portait dans les
cheveux un diadème (2), qui scintillait de mille feux. 

« Merci d’être venu, murmura-t-elle. Mon royaume court un grand danger
et tu es le seul à pouvoir le sauver. » Tao se courba dans un profond
salut. « Ce sera un honneur pour moi, Votre Majesté », balbutia-t-il.
« Je vais te présenter à ma fille, poursuivit la reine d’une voix douce. Je
considère tous mes sujets comme mes propres enfants, mais je tiens à
ma fille bien plus qu’à moi-même. »

Tao crut entendre des milliers de clochettes d’or, et une jeune fille,
également très belle, entra dans la pièce. Son visage était pâle comme
le lys, et ses cheveux de jais (3) coulaient en cascade le long de son dos.
L’air infiniment triste, elle alla s’asseoir à côté de la reine, sur une chaise
en or.
À peine se fut-elle installée qu’une dame de la cour entra, tout essoufflée,
en hurlant :

« Le monstre, le monstre ! »

La reine se leva. « Voilà
le malheur dont je viens de te parler. Je t’en supplie, Tao, aide ma fille. Elle a pour mission de reconstruire une capitale, mais sans toi, jamais
elle n’y parviendra. »

Tao, sans hésiter une seconde, prit la jeune fille par la main et, ensemble,
ils quittèrent le palais discrètement. Pendant des heures, ils
coururent sans prendre le temps de retrouver leur souffle. Ils empruntèrent
mille et une petites rues tortueuses, et parvinrent finalement au
village de Tao. Là, ils purent souffler un peu.

« Comme c’est calme, ici, soupira Fleur-de-Lotus, car c’est ainsi que la
jeune princesse s’appelait.
— Nous sommes loin de tout danger, à présent, dit Tao.
— Où allons-nous bâtir la nouvelle capitale ? demanda la princesse.
— Une capitale ? » demanda Tao, qui n’avait pas très bien compris
lorsque la reine lui avait parlé dans son palais. « Mais je ne pourrai
jamais construire une capitale. C’est impossible ! Je ne suis qu’un pauvre
paysan. Je n’ai ni pouvoir ni argent. »

La princesse le regarda, et de grosses larmes roulèrent sur ses joues.
« Mais tu es pourtant bien Tao, celui qui est toujours prêt à aider son
prochain, gémit-elle. Toi seul es capable de le faire…
— Non, je… » s’apprêtait-il à dire lorsqu’il s’éveilla.

Il avait dû dormir longtemps, car le soleil se trouvait maintenant fort
bas sur l’horizon. Bien qu’éveillé, Tao entendait encore la voix suppliante de Fleur-de-Lotus, qui semblait s’éloigner.
En vérité, il s’agissait d’un essaim (4) d’abeilles.
Elles semblaient perdues et tournaient dans tous les sens autour des
fleurs du jardin. « Pauvres bêtes, pensa Tao, elles n’ont pas de ruche !
Je vais leur en faire fabriquer une. » Et il se rendit immédiatement chez
un charpentier. « Je me demande d’où peuvent bien venir toutes ces
abeilles ? » pensa-t-il, lorsqu’il vit que les insectes acceptaient avec empressement
leur nouveau refuge. Il partit se promener dans le village.
Arrivé à hauteur de la dernière maison, il découvrit dans un jardin une
ruche abandonnée.

« J’ai trouvé des abeilles chez moi, dit-il à l’homme qui vivait là. Ne
sont-elles pas à vous ?
— C’est possible, répondit l’homme. Elles ont dû fuir, ajouta-t-il en
ôtant le couvercle de la ruche. Comme il se penchait, il y découvrit un
serpent. « Oh, le monstre de mon rêve ! », se dit Tao.
De retour chez lui, il installa dans son jardin toute une rangée de belles
ruches semblables. De tous les côtés, des abeilles arrivèrent. Elles se
mirent à butiner ses fleurs et lui offrirent tellement de miel en échange
de sa protection que Tao, le généreux, devint bientôt riche.

  1. amas de paille enfermée dans une toile, servant de matelas et même parfois de lit
  2. bijou que les femmes mettent dans leurs cheveux, comme une couronne
  3. d’un noir brillant
  4. colonie d’abeilles sortant de la ruche mère pour aller chercher une autre habitation

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Cosmogonie Africaine

L’origine des Masques wê d’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Liberia)

(D’après J. Girard)

La descente des Tingnons (ancêtres) sur la terre et l’origine du totem gban et des Masques.

“Les Tingnons (ancêtres) arrivèrent sur terre avec pour tout bagage culturel le gban (totem) du dieu Kéla.
En leur existence céleste, les hommes n’étaient que de purs esprits. Mais, semble-t-il, un individualisme primordial régnait car, dit le mythe, lorsqu’au jour fixé par la gàti (destin) du monde, Kéla (dieu) ordonna et organisa la Dyâhôdinyôglonyo, ou Dyàdinyônisinu (descente des ancêtres sur la terre), il groupa les Tingnons (premiers ancêtres) par familles, de sorte que chacune d’elles ne forma qu’un esprit unique.

Il pensa à leur donner un corps fait de chair et de sang, sans lequel toute vie terrestre est impossible. A cet effet, il appela à lui et destina à chaque unité spirituelle un animal d’espèce déterminée donc un être soumis au principe de Zédé (la matière, la terre). Il le courba sous sa loi, l’incorpora au règne céleste de sorte qu’il devint pour la famille Tingnon qui s’incarna en lui, le symbole de l’alliance divine, le support matériel de toute vie, autrement dit le gban, le totem.

A ce stade, l’esprit du lignage était UN. Il possédait en puissance le devenir de la race, mais la singularité des individus n’existait pas.
Incarné en son gban ou totem, grâce à cette enveloppe charnelle, l’esprit unique de chaque famille Tingnon gagna la terre. L’homme ou plutôt son ancêtre était alors composé pour une part de l’esprit divin deKéla, et pour une autre, du corps matériel soumis à Zédé, inféodé pourtant à Dieu. Il disposait du corps animal dugban et d’une âme appelée Zouh, essentiellement immortelle puisque d’essencedivine et indifférente au devenir terrestre.

Ainsi se forma la première race d’hommes. Ils étaient des humains par leur esprit, mais des animaux par leur apparence. Tous rejoignirent la terre, quittant le ciel l’un après l’autre et touchèrent le sommet des montagnes nombreuses dans la région de Man où les Tingnon S’installèrent.

Ils se trouvèrent immédiatement aux prises avec la Nature et plus spécialement avec le Guinarou ou Zédé, symbole de l’éternel recommencement, de la transformation des choses et de l’illusion des apparences. Pour les plier à sa loi, il tentait de les réintégrer au monde animal.”

Monstrueuse, puissante, envahissante, la brousse menaçait de submerger les premiers et rares Tingnons (ancêtres) qui, disposant du seul gban (symbole de l’alliance), se trouvèrent rapidement incapables de se défendre.

Alors intervinrent les génies Kosris, étincelles divines. Purs esprits, ils durent se matérialiser pour se manifester aux Tingnons (ancêtres) et adoptèrent destraits et une apparence humaine.

C’était, dit la tradition : ” … de petits hommes rougeâtres, robustes, bien proportionnés, agréables à regarder. ” Surgissant de la brousse, ils complétèrent la loi divine par des règles propres au monde terrestre : celles de la guerre, de la justice, de la recherche des coupables, de la paix entre individus, etc., en résumé de la vie en société.

Chacune de ces lois (kê) fut remise aux hommes par un Kosri (étincelle divine) déterminé. Elle était symbolisée par un Grand Masque fait à l’image du génie donateur.

Si l’octroi du masque permettait à l’ancêtre de l’homme, du fait de l’ambiguïté de son être, l’option individuelle entre Kéla et Zédé (le cielet la terre), il apportait en même temps le salut collectif du groupe, toujours considéré comme un, car du même sang que le gban (totem). Il renforce l’opposition cosmogonique. Il isole le groupe humain de la nature, Kéla de Zédé (le ciel de la terre), l’homme de la femme.

Il (le masque) est essentiellement visage humain (et non représentation animale) puisque de lui découle l’apparence humaine des Siangnon (hommes). Il est plus précisément visage masculin, car il est création (dans la mouvance de Kéla (ciel) alors que la femme est maternité (dans une certaine mesure assimilée à la terre par sa fécondité et, de ce fait, rattachée à Zédé (terre).
C’est pourquoi la vue du masque lui est interdite. Kéla et Zédé, bien que complémentaires, sont irrémédiablement antagonistes. Leur fusion serait leur destruction.

Loi après loi, masque après masque, les Wé rassemblèrent ainsi la totalité de leur spiritualité. Cette réception ne fut pas toujours agréable, car les Kosri (esprits du ciel), bien que beaux et puissants, étaient méchants, et faisaient entrer à coups de chicotte dans la mémoire des hommes récalcitrants les lois qu’ils leur apportaient. Ces lois constituent ce que les We désignent sous le terme de Srihakê, c’est-à-dire la Loi des Masques.

Elle renferme en elle le destin de l’humanité. Parce qu’elle fut octroyée aux ancêtres des hommes, ceux-ci devinrent des humains. En même temps qu’elle permettait la transformation des Tingnon (ancêtres) en Siangnon (hommes) donnant à ceux-ci un visage humain définitif, elle déterminait leur destin.

La Srihakê (loi des masques) construisait et organisait la société humaine. Son but essentiel était de permettre au gbâhidyue (humanité) de conserver le souvenir de son origine céleste face au monde informe et chaotique de la brousse qui risquait à tout instant d’éteindre la faible étincelle culturelle de génie humain.

Maintenir la loi des hommes fut difficile et pressant le désir de s’intégrer au monde naturel en cédant aux entreprises du Guinarou (esprits de la terre). Celui-ci multipliait ses séductions. Toutes proportions gardées, cette tentation était celle du péché (Dyikua, Senyôni).

Chaque masque a une tâche bien déterminée, dérivant de la loi qu’il concrétise. En même temps que les Grands Masques, les Tingnons (ancêtres) reçurent des Kosris (esprits célestes) les sociétés secrètes ou sriti.

Elles (sociétés secrètes) arrivèrent divisées en deux groupes distincts, une moitié puisant sa force dans celle des ancêtres et formant les Sociétés secrètes des Grands Masques (Srikiahi et Gla), se subdivisant elles-mêmes en autant de sriti (société secrètes) qu’il y a de villages adeptes. L’autre moitié fut soumise à la puissance des kôhu Koui [kwi] dérivant de celle des Kosri (esprits du ciel).

Le partage de la société Wé en Srikiahi (grands masques) et société secrète Koui (issu des Kosris ou esprits du ciel) semble révéler l’existence d’une ancienne structure dualiste des gbâhidyue (humains). En effet à l’heure actuelle encore, il est recommandé d’unir entre eux, par le mariage, des jeunes gens appartenant l’un à un village à Grands Masques, l’autre à un village Koui.

Les époux bénéficiant de la puissance des ancêtreset de celle des Koui, leurs enfants sont en principe plus beaux et plus forts que les autres.

Bien que ne tirant pas leur puissance de la même source, tous les masques remplissent un rôle social. Ainsi Koma appartenant à la Srikiahi (grands masques), et Gamgansri (gâgâsri) faisant partie de la société secrète Koui participent tous deux à la recherche et au châtiment des sorciers.

Après Volohuadyi, lorsqu’à la suite de Gnon Soa les Siangnons (hommes) descendirent des montagnes, sortirent des forêts et gagnèrent l’actuel pays Wé, ils emportèrent avec eux le gban (symbole du dieu kela) deKéla et les Grands Masques des génies Kosri, expressions concrètes de la Srihakê (loi des masques).”

Il semblerait d’après le mythe que, de même que leurs ancêtres, lesSiangnons oublièrent et le gban ou totem (symbole de l’alliance) et la Srihakê (loi des masques). Ils en furent châtiés car beaucoup moururent d’avoir voulu consommer la chair du gban outotem et les autres furent contraints de travailler sans daba (bêche africaine) lesplantations et de chasser sans armes.”

Sous la forme de Gnon Soa, l’esprit des ancêtres révéla aux hommes les lois des Kosris (esprits ou génies du ciel). Suffisantes pour les Tingnons (ancêtres), elles ne l’étaient plus pour leurs descendants, aussi dut-il lescompléter, et remit-il aux Siangnons (hommes) les “Petits Masques” faits à son image.”

L’origine des masques Wé est donc double, provenant de deux sources distinctes à des époques différente: les Kosri (génies) et Gnon Soa.
Mais de nouveau, les hommes oublièrent les lois, et cette fois Gnon Soa ne pardonna pas. Chaque fois qu’un gbâhidyue (humain) transgressa un principe fondamental, il lui retira le masque correspondant.

C’est pourquoi à l’heure actuelle, certains masques font défaut à certains villages We. Comme aucun d’entre eux n’a pas eu suffisamment de sagesse pour respecter l’ensemble des lois, aucun ne possède la totalité des masques.

 

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Les Cartables Numériques 

Les Cartables Numériques 

Le cartable numérique est une très belle innovation à la fois futuriste, écologique et humanitaire qui permet de se former avec des outils technologiques très puissants et notamment l¡internet mais à très bas prix afin de pouvoir accéder à une plus grande densité d’information. Bien gérée, cette densité d’information pourrait conduire à l’évolution très rapide de l’humanité et à une civilisation de partage à un haut niveau de qualité. 

Cette invention mise au point par le togolais Victor Agbegnenou représente une grande espérance pour la jeunesse africaine et du monde entier. 

Les Cartables Numériques 

Une video de France 3

 

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